J’ai vu de la lumière, alors…. je suis sorti

C’est le 11 octobre 1951, dans le XIXe arrondissement parisien, que Jean-Jacques GOLDMAN pousse un premier cri discret.

Fils de Alter Mojze Goldman né à Lublin (Pologne) et de Ruth Ambrunn Goldman née à Munich (Allemagne) il est le troisième de quatre enfants :

  • - Pierre, demi-frère de Jean-Jacques, né d’un précédent amour de leur père le 22 juin 1944 et assassiné en septembre 1979 dans des circonstances encore aujourd’hui mystérieuses.
  • - Evelyne, née en 1950, devenue médecin.
  • - Robert, né en 1953, frère mais aussi ami, associé ; complice de Jean-Jacques.

1962, M. et Mme Goldman lui font apprendre le violon puis le piano. Jean-Jacques s’exécute sans grande conviction « …j’apprenais le violon comme on apprend les sciences naturelles ».

Avec ma guitare à la main… j’ai peur de rien

Eclaireur de France chez les scouts entre 8 et 15 ans, ces années sont très importantes pour lui. Mais à l’âge de 15 ans, où normalement on devient Chef, la musique l’accapare. Il faut donc attendre 1965 pour que cet adolescent timide et introverti se découvre une passion pour la musique. Le premier choc musical de Jean-Jacques s’appelle Aretha Franklin. « Avec « Think », j’étais touché par une atmosphère, un plaisir non intellectuel, absolument pas raisonné, complètement physique, comme une expérience amoureuse… ».
Jean-Jacques abandonne le violon et se met à la guitare, il entame alors sa carrière de musicien amateur.

Il rejoint un groupe débutant « Les Red Mountain Gospellers » créé en 1966 et composé de copains de lycée qui se produisent dans l’église St Joseph de Montrouge. Le groupe marche si bien que le père Dufourmantelle, prêtre jeune et dynamique de la paroisse va jusqu’à « mouiller sa soutane » pour financer le premier disque auto-produit du groupe.

Après avoir joué dans les bals avec plusieurs groupes, Jean-Jacques fait son baptême de la scène avec les « Phallanster » au Golf Drouot. Deux des anciens membres du groupe feront partie des Gibson Brothers, groupe disco qui connaîtra un gros succès dans les années 79/80.

Ainsi donc, et sans à-coups, se déroule l’adolescence tranquille de Jean-Jacques. De même l’élève Goldman poursuit une carrière scolaire on ne peut plus calme obtenant un BAC D avec mention en 1969.

Ensuite, et sans grande conviction, le bachelier s’attache à faire acte de présence dans une prépa HEC à Paris (1970). Echec et rock… Il réussit en compensation, et sûrement pour faire plaisir à ses parents, le concours de l’EDHEC de Lille (Ecole De Hautes Etudes Commerciales). Il revient à Paris en 1973 avec deux diplômes, celui de l’EDHEC et une Licence de Sociologie passée en parallèle.

Y’a que les routes qui sont belles

Jean-Jacques profite de ses congés scolaires pour voyager en stop avec son ami Jean-Max tel le parfait routard. Il visite ainsi la Suède (1971), la Turquie (1972) et enfin le continent américain : le Canada, les U.S.A. et le Mexique (1973). Il se définit alors comme un « hippie à traveller’s chèques ».

En 1974/1975 Jean-Jacques effectue son service militaire dans l’armée de l’air. Quelques mois après son retour il épousera Catherine qui deviendra psychologue.

1975 est aussi l’année Taï Phong. Taï Phong dont le nom signifie « Grand vent » en vietnamien est né de deux frères Khanh et Taï qui ont l’idée d’un groupe dont la musique rock néo-symphonique n’aurait rien à envier aux grands groupes anglo-saxons de l’époque.

Ils rencontrent Jean-Jacques par hasard et sont de suite séduits par son évidente compétence musicale mais aussi et surtout par ses capacités vocales dans les aigus, qui collent tout à fait à leur musique. Taï Phong est rejoint pour sa composition définitive par Jean-Alain Gardet (claviers) et Stéphane Causseriev (batterie). Chacun partage l’idée initiale de chanter en anglais et de livrer aux maisons de disques des maquettes très élaborées, conséquence d’un goût certain pour le travail bien fait et d’une passion pour le travail en studio. C’est chez WEA que le groupe choisit de sortir son premier album en 1975.

Après le succès fulgurant de « Sister Jane » et du premier 33 tours, l’intérêt du public fléchit et se profile d’ores et déjà des divergences musicales. Le groupe décide de partir en tournée mais Jean-Jacques Goldman ne se sent pas prêt pour ça.

C’est à ce moment là qu’il rencontre Michael JONES venu le remplacer au sein du groupe. Cette rencontre marque le début d’une vraie amitié entre les deux hommes.

Au total, l’aventure Taï Phong s’échelonne sur quatre ans. Les membres du groupe ressentent alors avec certitude que l’avenir de chacun ne passe plus par Taï Phong et que la seule solution est la séparation.

Parallèlement à Taï Phong, Jean-Jacques enregistre trois 45 tours en solo, tentatives peu convaincantes.

1977, naissance de Caroline, la première fille de Jean-Jacques et Catherine. Naîtra ensuite, Michael en 1979.

Jean-Jacques est bouleversé en entendant chanter Léo Ferré. C’est en venant écouter le groupe qui faisait la première partie du spectacle que Goldman découvre qu’il peut être touché par des textes en français. C’est donc tout naturellement qu’il commencera sa carrière solo avec des textes en français sur des musiques très largement inspirées des sons anglo-saxons qu’il affectionne.

En 1980, Jean-Jacques, quelque peu désorienté par la fin de Taï Phong, se persuade qu’il ne jouera désormais que pour lui. Il continue cependant à travailler dans le magasin de sport de son frère sans en être mécontent.

Le hasard veut qu’il tombe sur un ami qui cherche une chanson pour lancer une jeune fille. Jean-Jacques offre quelques unes de ses compositions dont « Il suffira d’un signe ». Cette tentative sera sans suite sauf pour Marc Lumbroso qui repère alors l’auteur-compositeur.

Je marche seul

Faute de pouvoir trouver des interprètes pour ses chansons, Jean-Jacques devient chanteur par obligation en signant en 1981 un contrat pour cinq albums sous le label Epic chez CBS.

Le tout premier album de Jean-Jacques Goldman en solo sort à la fin de l’année 1981. L’épopée sans précédent d’une « idole des jeunes » pas comme les autres peut commencer…

Ce premier album n’a pas de titre, mais aurait pu s’intituler « Démodé ». Tel était d’ailleurs le vœu de Goldman, conscient du décalage sonore entre sa production et celle des groupes de l’époque. Sa musique est essentiellement inspirée des années 70/75 trouvant ses sources dans le son anglo–saxon de ces années là, donc pas très moderne. Ce premier album plantera le décor sonore auquel Jean-Jacques restera fidèle tout au long de sa carrière; le « Style Goldman » est né !

Ce premier disque d’un parcours en solo laisse déjà percer la volonté de ne pas sacrifier le fond à une forme musicale exceptionnelle. Indiscutablement, les textes révèlent un auteur à part dans le paysage de la chanson française. Goldman tourne le dos à une certaine tradition. Il ne glorifie pas la rue, la laideur, la crasse ou la violence qui nourrissaient jusque-là un certain type de chansons « nouvelles ». Tout l’album se construit autour du malaise personnel du chanteur mais aussi à son incapacité à s’adapter à la société qui va jusqu’au refus de se conformer à l’ordre établi. Croyance forcenée en l’individu, rejet des solutions collectives, la philosophie du chanteur se trouve en ces termes. Il va s’employer à l’argumenter d’album en album.

Il faut aussi évoquer son timbre de voix bien particulier. Habitué à interpréter ses textes en anglais, sa tessiture de voix très aiguë a du mal à s’accorder avec le français. Par la suite, Goldman reprendra ses premiers titres en les baissant de deux à trois tons.

Malgré la promotion faite autour de l’album, « Il suffira d’un signe » a du mal a décoller. Entré au « Hit RTL » le 11 octobre 1981 (quel anniversaire !), il ne progresse que de quinze places en 18 semaines. Heureusement, une certaine Monique Le Marcis, directrice des programmes de RTL, passe par là et matraque le titre sur les ondes. Jean-Jacques se retrouve numéro un le 9 mai 1982. Le deuxième extrait « Quelques chose de bizarre » n’a pas le même succès.

Quand la musique sonne

Pourtant Jean-Jacques ne renonce pas. Fin septembre 1982 le second album arrive dans les bacs des disquaires. Il aurait dû s’appeler « Minoritaire » mais le titre n’a lui non plus pas trouvé grâce auprès de la maison de disque. Le premier extrait de l’album est « Quand la musique est bonne », et elle est bonne !

Le style Goldman a mûri, tout sur cet album est plus élaboré, plus affiné. L’album est révélateur de la puissance artistique de Jean-Jacques Goldman. D’ailleurs le public ne s’y trompe pas. « Quand la musique est bonne » ne met que quelques semaines à s’octroyer la première place…

Goldman n’a pas une nature à vouloir s’imposer, réussissant au-delà de ses espérances. Quelques unes de ses chansons plus personnelles contribuent à argumenter en faveur d’un personnage public intègre. A aucun moment il ne sera question d’évoquer sa vie privée. Simplement, quelquefois, Jean-Jacques ne peut passer sous silence ses racines et ses convictions : « Comme toi », le deuxième extrait évoque son attachement à la mémoire collective juive. Ce titre voit le jour en février 1983 et ne met que huit semaines à atteindre la première place du Hit RTL. Le public aime Goldman et la profession lui remet le diamant de la chanson française « Meilleur espoir de l’année 1982″.

Comme les titres passés « Au bout de mes rêves » troisième extrait campe à la première place du Hit parade. Contrairement aux apparences, Jean-Jacques Goldman s’impose vraiment comme un chanteur à part entière et non comme un brillant vendeur de 45 tours. « Quand la musique est bonne » et « Au bout de mes rêves » correspondent scrupuleusement à l’image que le public aime avoir de lui ; le musicien qui ne courbe pas l’échine et qui, sans nier les vicissitudes de la vie quotidienne, adopte pour s’en sortir une attitude dépourvue d’agressivité mais… positive. Nous sommes déjà au centre de l’inspiration du troisième album.

« Positif ». Cette fois le titre figure sur la pochette. Le succès rend libre… Un titre lapidaire pour prôner une forme d’individualisme qui révèle une fois de plus Goldman comme un lucide optimiste. C’est le premier album pour lequel Jean-Jacques n’a plus de chansons en réserve. Il ne contiendra donc que des chansons nouvellement écrite. Ce troisième disque s’inscrit dans une logique personnelle. Il fait figurer deux types de chansons : celles conçues pour des impératifs de programmation et celles où manifestement, il se fait plaisir, où sa composition se libère.

De cet album seront extraits trois tubes très différents les uns des autres mais qui prouvent que le public parvient à accepter de cet auteur-compositeur-interprète une palette sonore et musicale extrêmement variée. Le chanteur prend son travail au sérieux mais fait gentiment échouer sa plume agile sur les rives de la provocation. Une provocation presque cynique, mais toujours pleine d’humour. Les chansons sont souvent des prétextes pour faire passer une idée force. Le rêve est à nouveau au centre de ses chansons.

Tout d’abord le rêve américain avec cette peinture presque primaire des clichés d’une Amérique « eldorado » de toutes les libertés qui peut paraître naïve, trop complaisante parce que vidée de toute dénonciation. Pourtant Goldman n’est pas dupe, et sait que chaque espoir s’y décline en dollars. Il est soucieux de ne pas apparaître comme un chanteur démagogique et facilement récupérable.

D’une chanson a priori gentille comme « Je chante pour ça » il énonce des idées extrêmement dérangeantes. Dans « Envole-moi » il évoque l’idée de culture pour s’en sortir trop rarement employée dans une chanson dite de « hit parade ».

Goldman fait cohabiter les genres avec bonheur et originalité sans jamais se trahir. Une cohérence impressionnante se dégage de l’univers du chanteur. Cet album plus complexe qu’il n’y paraît , restera marqué par la dédicace de Goldman : « A ceux qui resteront fidèles quand il sera moins facile de l’être. ». Une petite phrase qui ressemble à un pied de nez, et qui atteste une fois de plus que, sous sa nature de dilettante, Goldman, une fois le travail fini, sait user de ce sourire en coin si personnel.

Tu es de ma famille, bien plus que celle du sang

Après ces succès sur vinyle tout le monde attend de Goldman qu’il monte sur scène. A la sortie de son premier album solo, Jean-Jacques disait : « Je ne suis pas une bête de scène genre Johnny Hallyday. Si un jour je fais des galas, il faudra que je m’entoure d’un bon groupe et d’une solide mise en scène. Car moi tout seul, je ne déplacerai pas les foules. ».

Son succès Goldman le doit à son talent, c’est certain, mais Jean-Jacques a eu aussi le don de bien savoir s’entourer. Bernard Schmitt, l’homme de l’image et ami d’enfance dira de leur relation « Nous étions chacun dans notre histoire jusqu’au jour où « Quand la musique est bonne » devient un tube. C’est le succès. Jean-Jacques qui se considère comme un aveugle a besoin de quelqu’un de confiance pour prendre en charge son visuel ».

Il faut également évoquer Michael Jones, l’homme de la musique qui explique :

« Dès notre première rencontre, il s’est passé quelque chose entre nous ! A la dissolution de Taï Phong, j’ai monté un groupe « Golfstream » avec les musiciens qui sont devenu aujourd’hui ceux de Jean-Jacques. En 1983 Jean-Jacques m’a demandé de venir sur sa première tournée, une mini tournée de 15 jours. »

C’est seulement après l’enregistrement du troisième album, que Jean-Jacques entamera sa première tournée: le « Positif Tour » en 1984 sans grande conviction « La scène reste et restera pour moi un moyen et non une fin. » Cette tournée passera par Paris, plus exactement l’Olympia, où Jean-Jacques se produira du 26 mars au 1er avril 1984. Le public sort ravi des prestations du chanteur, partout on refusera du monde. Au terme de cette tournée, quelque chose a changé chez Goldman, ses convictions d’antan sur la scène ont été ébranlées.

C’est en travaillant sur « Positif » et sur la tournée que Jean-Jacques rencontre Carole Fredericks, venue faire les choeurs de la chanson « Américain ».

J’irais chercher vos coeurs, si on les emporte ailleurs…

« Positif Tour » est la première vraie tournée de Goldman. « Il était temps que j’aille à la rencontre de mon public, malgré mes appréhensions ! ».

Ce fut un triomphe. « Autant je pense qu’en studio il faut des musiciens précis et expérimentés, autant je pense qu’un concert ne doit pas donner une réplique du disque complètement inintéressante ! Un concert doit amener de l’énergie et des images. C’est mon vieux complice Bernard Schmitt qui a réalisé tout le visuel du spectacle. Il a toujours vu des images quand moi j’entendais des notes !… Tous mes musiciens ont pour point commun qu’ils sont de vrai mordus de scène. Nous fonctionnons comme un groupe ».

1984, naissance de Nina, la dernière fille de Jean-Jacques et de Catherine.

Le succès est là et bien là. Jean-Jacques a finalement quitté son emploi pour se consacrer pleinement à sa carrière mais il ne change pas de mode de vie pour autant. Il ne déménage pas pour une luxueuse villa mais préfère rester dans sa banlieue de Montrouge avec sa femme et ses enfants. Il est, et restera tout au long de sa carrière, très discret sur sa vie privée, préférant se livrer en chanson.

1985 est une année d’engagement pour Jean-Jacques. Il participe à l’action engagée par Renaud pour tenter de venir en aide à l’Ethiopie.

Il enregistre (après avoir persuadé Renaud de modifier un couplet) accompagné d’une trentaine d’autres artistes regroupés sous le nom de « Chanteurs sans frontières » la chanson « Ethiopie » qui caracolera en tête du Top 50 de nombreuses semaines.

Le 15 juin Jean-Jacques participera au concert des pôtes à la Concorde au profit de l’association SOS Racisme.

C’est également en juin que sort « Je marche seul » le nouveau succès de Goldman, précédant de peu l’album « Non Homologué » sorti en septembre 1985. « Je marche seul » est un titre puissant et efficace. Il joue le rôle de locomotive, entraînant les dix autres chansons de l’album dans la spirale du succès. Ce tube fut l’objet d’une plus longue maturation. Le résultat est des plus satisfaisant. Succès public considérable et réussite artistique indéniable, il résistera le plus à l’épreuve du matraquage et même à la difficile loi du temps. Dans cet album Goldman persiste et signe. Il proclame qu’il ne ressemble pas aux autres. Musicalement cet album rassemble une palette d’instruments très divers. Goldman a reconduit l’équipe gagnante du « Positif Tour ». Il reste dans la lignée de ses prédécesseurs mais s’avère plus riche, les arrangements sont plus diversifiés. « Non Homologué » va arriver directement à la première place du Top 20 (le Top album de l’époque) et y restera longtemps.

Jean-Jacques s’offre un duo avec son complice Michael Jones « Je te donne » qui restera 8 semaines numéro 1 des ventes de 45tours. Michael expliquera « J’ai collaboré à « Je te donne » au niveau des textes, mais c’est avant tout une chanson de Jean-Jacques ! Nous la chantons à deux, mais c’est du Goldman ! On aime bien chanter tous les deux. »

Cet album colle à l’image de son créateur. C’est un raccourci synthétique remarquable des précédents disques. En effet, on y retrouve les idées comme l’amitié, l’apprentissage des différences, le refus de la respectabilité (sauf celle du public) et des lieux communs collectifs. Sa volonté de ne pas vouloir s’imposer aux autres. Il réaffirme son absence d’ambition. On retrouve chez Goldman toutes les ambiguïtés ou plus précisément toutes les forces qui animent la jeune génération.

Ça et là quelques traces de désespoir. « Famille » dédiée sans tapage à la chanteuse disparue Danièle Messia et « Confidentiel », constat bouleversant après une séparation. En pleine promotion de « Je te donne » Jean-Jacques changera pour « Confidentiel » dans une émission télévisée en hommage à Daniel Balavoine, récemment disparu. Cette chanson prendra alors une toute autre dimension.

Une nouvelle tournée se profile à l’horizon « Deuxième visite ». Elle débute à Paris où Goldman rempli le Zénith du 3 au 20 décembre 1985. Les concerts se joueront à guichet fermé.

« Dès la fin de la dernière tournée il nous paraissait évident qu’il fallait garder le même esprit, cette espèce de rencontre avec le public : laisser des espaces pour que le public puisse participer au spectacle, garder cette ambiance de complicité -que je ne leur en mette pas plein les yeux avec des feux d’artifice- tout simplement passer une soirée ensemble… « 

Je ne pense pas que le public attende de moi que je me roule par terre et que je lacère mes vêtements… ça tombe bien ! ».

Il offrira a son public un duo avec Johnny Hallyday. Autre surprise, la page que se paye Jean-Jacques dans le journal « Libération » publiant ainsi les critiques acerbes de ces détracteurs tel Patrice Delbourg de l’Evénement du Jeudi, accompagnée d’un commentaire manuscrit« Merci d’avoir jugé par vous même: Jean-Jacques Goldman ». Il récidive dans le programme de la tournée. Les articles assassins s’étalent sur deux pages « Merci d’être venus quand même… » signe Jean-Jacques sur cette même page. Ces concerts et les 150 autres dates au travers de la France changeront radicalement l’avis que Goldman avait de la scène « Sur cette tournée la confiance existe vraiment. On se connaît, il n’y a plus d’examen de passage et dans ce sens c’est un vrai plaisir ». L’année 86 est l’année de la scène. Alors qu’il est en tournée sortiront « Pas toi » et « La chanson des Restos » qu’il façonnera pour Coluche afin de donner un coup de main à la mise en place des Restaurants du Cœur. Y participeront également Michel Drucker, Nathalie Baye, Michel Platini et Yves Montand et bien d’autres.

Le groupe Cock Robin fera la première partie de la tournée d’été qui prendra alors de nom de « Veiller tard ».

Garder une trace

Jean-Jacques est absolument partout, radios, télés, magazines. En septembre 86 sort la version live de « La vie par procuration » et dans la foulée, un double album immortalisera la tournée triomphale qui s’est achevée en octobre au Canada. Il s’agit du premier album live de Jean-Jacques : « Jean-Jacques Goldman en public ». « Dans un concert il se passe des choses que le disque ou la caméra ne peuvent jamais reproduire… Je crois que le but principal d’un album live, c’est de garder une trace… Là nous avons fait un an de tournée, nous avons réarrangé presque tous les morceaux. Ça m’aurait ennuyé qu’il ne reste aucune trace de tout ça… C’est donc un peu dans cet esprit souvenir, carte postale, que cet album a été réalisé ». Ce cinquième disque restera un an dans le top album de l’époque. Un fait rarissime pour un disque enregistré en public et qui concerne habituellement le noyau dur des fans.

Après le succès de l’album « Rock’n Roll attitude » que Michel Berger a écrit pour Johnny Hallyday, la maison de disques sollicite Jean-Jacques. Les dernières semaines de l’année 1986 sont donc également marquées par la sortie de l’album « Gang » que Jean-Jacques Goldman a entièrement écrit, composé et réalisé pour Johnny Hallyday. Cet album sera décisif pour la deuxième partie de la carrière de Johnny.

Le 22 Novembre 1986 Goldman est élu chanteur de l’année aux victoires de la musique. Le 29 décembre, un sondage est publié le donnant comme le chanteur préféré des français. Il finira l’année par des concerts à Nouméa et Tahiti.

Dès le mois de janvier 87 Jean-Jacques commence à plancher sur son nouvel album. La même année sort la première vidéo de Goldman retraçant sa carrière solo : « Carnet de Route 1981 à 1986″

Malgré le demi-echec du titre « Je t’attends » de Johnny, l’album « Gang » se vend comme des petits pains, la chanson « J’oublierai ton nom » que Johnny chante en duo avec Carmel, atteint les meilleures places du Top 50.

Au cours de l’été 87 Jean-Jacques donne un avant goût de son futur album avec « Elle a fait un bébé toute seule » Ce titre anachronique, original et totalement différent des chansons précédentes caracolera en tête des ventes.

J’irai au bout de mes rêves

Alors que « Je te promets », nouvel extrait de l’album de Johnny devient un tube, sort le 5 novembre 1987 l’album événement « Entre gris clair et gris foncé ». Goldman nous livre le premier double album studio de sa carrière. Un constat d’une époque et de sa façon de voir les choses.

Un double album comme pour signifier que le chanteur français n°1 a été frappé en pleine gloire par une inspiration et une gourmandise d’écriture. Alors qu’il ne devait confectionner qu’un seul album, un second, beaucoup plus acoustique, a vu le jour en studio « Plus j’avançais dans ce travail « 87 » entre les « séquences » et les « boites programmées » , entre les ordinateurs « Flairlight » et autres consoles « automatisées », « digitalisées », « informatisées »…
et plus j’éprouvais le besoin de prendre de temps en temps un « vrai » instrument et de jouer en direct, avec quelques musiciens, de la sueur, et des mix à la main, comme avant… Ainsi est né le deuxième album, enregistré dans un petit studio pour mon plaisir à moi, égoïstement, fait de chansons allergiques à l’habillage moderne des machines. »

Il nous livre ainsi deux disques très différents : le premier s’inscrit dans la lignée de ses aînés. Jean-Jacques et son équipe, qui s’est enrichie de Joe Hammer et Andy Scott, ex-Acolytes de Daniel Balavoine, ont utilisé ce que la technique offre de mieux . En gros, un disque pour faire du Goldman qui se respecte. Des mélodies judicieusement « utilitaires », selon l’expression même du géniteur. Une musique joyeusement calibrée pour les transistors. Finalement, un album pour s’exposer au soleil d’une chanson française devenue enfin avouable parce qu’aussi intelligente que ludique.

A l’opposé, un deuxième disque pour marquer une pause. Cette fois l’habillage des chansons est très réduit et les textes sont plus personnels. Jean-Jacques s’est fait plaisir et a montré ce dont il était capable. Il renoue avec les vrais instruments. Ceux avec lesquels il est possible de pétrir une musique conçue dans un magma de sentiments aussi humains qu’inextricables. Quelques chansons simples. Le plaisir de l’acoustique. Ce double album remporte un franc succès et entre directement à la première place du Top Album. Goldman parvient toujours à véhiculer quelques idées bien senties. Vingt textes qui globalement vont puiser leur inspiration aux mêmes thèmes. Provocation tranquille ou cynisme goguenard. Mais gare aux interprétations hâtives, à côté de « Elle a fait un bébé toute seule » Jean-Jacques écrit « Fais des bébés » !

En même temps que l’album, sort « Là-bas ». Là il fait endosser à Sirima, le temps d’un duo de légende, le rôle de l’épouse passive et sans autre arme que la tradition. Une fois de plus Goldman partage aimablement l’affiche. Cette fois l’inconnue est de taille. Une voix de gorge : Sirima. Elle vient du Sri Lanka et elle chantait dans le métro. Un musicien fait écouter sa voix à Jean-Jacques et tout de suite il devine que c’est elle. Sans arrière-pensée, une attirance innée pour cette armée de simples gens.

En quatre mois l’album c’est déjà vendu à 500 000 exemplaires, du jamais vu ! Goldman est devenu un phénomène. En février 1988, le « Nouvel Observateur » le met  en couverture et titre « Génération Goldman ». Pourtant ce n’est pas une interview du chanteur que l’on trouve dans le magazine, mais une interview de Michel Roccard faite par Jean-Jacques Goldman . Ce « coup médiatique » met Jean-Jacques hors de lui.

« Entre gris clair et gris foncé » restera tout l’hiver en tête des ventes, il résistera aux assauts de Gainsbourg et de son « You’re under arrest », de Madonna avec « You can dance » et au « Nougayork » de Nougaro.

Ce double album est encore aujourd’hui considéré par de très nombreux admirateurs, comme l’un des meilleurs disque de Jean-Jacques.

En 1988 il sillonnera l’Afrique (Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo, Gabon, Congo, Zaïre, Kenya, Ile Maurice, Réunion et Madagascar) tantôt pour s’y reposer, tantôt pour y donner des concerts . Au printemps sort « C’est ta chance » dont le clip sera un dessin-animé, mais le mois d’avril sera marqué par le coup d’envoi de la « Tournée 88″ qui débutera à Saint-Etienne avant d’aller à Paris où Goldman se produira dans 4 salles différentes. Jean-Jacques Goldman retrouve la scène…

A l’heure où le gigantisme bat de l’aile, il offre à son public une liberté de choix pour sa rentrée parisienne. Il joue successivement au Bataclan, à l’Olympia, au Palais des Sports et au Zénith. Ce dernier sera même prolongé sous l’affluence des fans. Quatre salles pour goûter à toutes les ambiances et changer de la routine. Après Paris, Jean-Jacques part sur les routes de province pour de longs mois.

Sur les ondes « C’est ta chance » n’ayant pas eu le succès escompté est remplacé par « Puisque tu pars ». Un an après sa sortie, « Entre gris clair et gris foncé » est toujours dans les 10 premiers du top Album et a été vendu à plus d’ un million d’exemplaires.

Les gens ont l’image qu’ils méritent

Jean-Jacques Goldman est devenu en quelques années le champion incontesté des ventes de disques. Pourtant il continue à évoluer dans son univers s’accommodant tant bien que mal du succès et des contraintes de la vie publique. Il appartient à cette nouvelle race de stars qui, dédaignant le mythe lié à leur statut, ne se drape que dans leur banalité. Sans look tapageur ni quotidien luxueux, il choisit de vivre comme « monsieur-tout-le-monde ». Goldman est, et reste, la simplicité même.

D’ailleurs quand on lui parle du « look Goldman » il ne comprend pas et rétorque : « La première fois que j’ai fait de la télé, c’était suffisamment impressionnant pour moi pour que je n’arrive pas débraillé. C’est aussi bête que cela. J’ai mis une cravate comme lorsque je passais des examens. Pour ne pas sombrer dans le ridicule, j’ai gardé un jean. Comme les gens de 20-30 ans quand ils sortent. C’etait vraiment dans cet esprit-là. Sans intention délibérée. »

Cela ne l’empêche pas d’être ravi de l’ambiguïté qu’il provoque « J’aime brouiller les cartes, et je crois qu’en arrivant avec cette cravate, ce jean et ces cheveux longs, ça les a pas mal brouillées. Les gens ne comprenaient pas très bien s’ils avaient à faire à un nouveau minet à la mode ou à un nouveau rocker. J’aime assez… » . Jean-Jacques finira par couper ses cheveux… il est en vacances d’été dans le sud de la France et ils lui donnent chaud !

Ni leader, ni maître à penser, ni gourou, ni grand frère, mais star, il se refuse en fait à assumer toutes les retombées de sa gloire. Il les évite en dépensant beaucoup d’énergie, livrant tout de même cette vérité : « Autant j’étais bien dans ma peau lorsqu’on me considérait comme un chanteur à minettes, autant les tentatives de respectabilité me terrifient. » Sa liberté à lui : refuser, jusqu’à l’obsession, de se laisser récupérer. Ce qui le pousse à l’humilité « Ma réflexion ne surpasse pas celle de ceux qui achètent mes disques. »

Muet en ce qui concerne ses convictions politiques, il s’engage cependant pour des causes auxquelles il tient. Il refuse de parler de sa vie privée et de faire la couverture des magazines prétextant que d’autres sujets bien plus importants méritent la première page.

Alors que « puisque tu pars » quitte le Top, « Il changeait la vie » version live fait son entrée. Après huit mois de route, 147 dates à travers le monde, la « Tournée 88″ prend fin en janvier 1989. Pourtant Goldman ne va pas en rester là. Pour prolonger la magie des concerts passés il prépare un album live ainsi qu’une vidéo avec son ami Bernard Schmitt. Le live sera un double album, intitulé « Traces », cet album sera audacieusement emballé. L’événement de cette année sera la sortie de la vidéo « Traces », une fiction dans laquelle Jean-Jacques Goldman tient le rôle de son propre fils à la recherche de son père, disparu après une tournée triomphale, donnant ainsi l’occasion de revivre certains moments de la tournée.

Enfoirés

Lorsque’en 1986, Coluche pousse la porte de la loge de Goldman, le chanteur à succès, pour lui demander d’écrire une chanson pour les Restos du coeur. Jean-Jacques accepte et écrit la chanson en une nuit. C’est la naissance d’un « Enfoiré ». Malgré la disparition accidentelle la même année de Coluche, Jean-Jacques ne lâchera pas les enfoirés, et deviendra par la suite le réalisateur artistique des soirées.

A la demande de Véronique Colucci, Jean-Jacques participe, en novembre 1989 à la première « tournée des enfoirés » en compagnie de Véronique Sanson, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Michel Sardou.

Là il, réalise que l’impact médiatique peut rapporter beaucoup aux Restos, et par la suite, il fera en sorte, avec 2 ou 3 de ses acolytes, que chaque année une émission télévisée soit réalisée. En effet, en 1992, peiné que la tournée 89 des Enfoirés n’ai pas donnée naissance à de nouveaux spectacles pour les Restos du Cœurs, Jean-Jacques est l’initiateur d’une grande soirée à l’opéra Garnier de Paris : « La soirée des enfoirés ».

Malgré le refus de nombreux artistes, Goldman arrive à réunir un dizaine d’artistes : Carole Frédericks, Michael Jones, Renaud, Francis Cabrel, Patricia Kass, Smaïn, Muriel Robin et Patrick Sébastien, le tout présenté Maryse Gildas.

Cette soirée du 20 janvier 1992 sera diffusée à la télévision avec un franc succès et sera la première d’une longue série.

C’est parceque personne ne l’a fait que Jean-Jacques a contacté Véronique Colucci pour ce coup de projecteur médiatique. D’année en année la troupe des Enfoirés s’agrandit. La deuxième édition de la soirée des Restos rendra hommage à Michel Berger avec « Les Enfoirés chantent Starmania ». Cette fois, une trentaine d’artistes se réuniront autour de Jean-Jacques dont Muriel Robin, Patrick Bruel, Vanessa Paradis, Florent Pagny… Pour toutes les soirées des Enfoirés, les artistes sont choisis en fonction de leur actualité médiatique (ex : 1999 apparition des « bleus »). Le but n’étant pas de privilégier le côté artistique et de se faire plaisir entre artistes mais bien de faire un maximum d’audience. A chaque fois, un CD et parfois une video du spectacle sont mis en vente au profit des restos du coeur.

Un, deux, trois

1989 sera également l’année de la sortie de « Peur de rien blues » et de la bande originale du film d’Alexandre Arcady « L’union sacrée », co-écrit avec Rolland Romanelli. La chanson phare du film  » Brother » sera chantée par Carole Fredericks, choriste de Goldman depuis 1986.

Après avoir pris un peu de repos, Jean-Jacques GOLDMAN écrit de nouvelles chansons pour son prochain album.

C’est alors qu’il se rend compte qu’il ne peut pas chanter ses chansons seul. Elles sont naturellement prévues pour 2 ou 3 voix. Il demande donc à Michael Jones de chanter avec lui mais il n’a pas encore trouvé la troisième voix. C’est en travaillant avec Carole Fredericks sur « L’Union sacrée » que Goldman la trouve. En effet l’accord vocal entre les trois chanteurs se fait presque naturellement, et le mélange des trois voix correspond à ce que cherchait l’auteur.

Goldman créé donc l’événement en partageant la vedette de son nouvel album avec son ami Michael Jones et la choriste Carole Fredericks.

Au risque de perdre une partie de son public, sort fin 1990 l’album « Fredericks-Goldman-Jones », (par ordre alphabétique). Tout le monde est surpris de retrouver Goldman en trio alors qu’il a déjà une solide carrière solo. Pour Jean-Jacques, c’est une évidence. Sa culture musicale, sa façon de voir la musique est en groupe.

D’ailleurs sur scène, cela se voit : il aime être entouré. Pour lui la musique « c’est quelque chose qui se partage ». Le trio est né. Le seul domaine que Goldman se réservera est celui de l’écriture. Le mélange de duo, trio, anglais, français surprendra et séduira ses « fans ». Le premier titre « Nuit » sort en novembre 1990, et l’album suivra en décembre. Cet album connaîtra un succès devenu habituel pour les albums de Goldman et chaque extrait se hissera à la tête des classements. Il y aura « A nos actes manqués » sur fond de musique antillaise, « Chanson d ‘amour », « Né en 17″   et « Tu manques » en hommage à son père disparu, unique titre qu’il interprète seul sur l’album.

Automne 1991 sort un coffret de 8 CD « Jean-Jacques Goldman : l’intégrale 81-91″ où l’on retrouve tous les albums solo de l’artiste, l’album trio et les albums live ainsi que des titres inédits. D’ailleurs le huitième CD sera le rassemblement de quinze titres inédits.

« Tour 91″ : Le trio part donc en tournée (1991/1992) accompagné de 8 musiciens, en commençant par l’Ile Maurice, La Réunion, pour se poursuivre à travers la France, la Belgique, la Suisse, en Afrique du Nord, dans les Départements Outre Mer, pour se terminer en Asie (Viet-nam et Cambodge) en juillet 1992.

Cette tournée laissera elle aussi une trace. En effet, en décembre de la même année, sort « Sur scène », le premier live du Groupe « Fredericks-Goldman-Jones », dans un boîtier en métal forgé fabriqué en Montrouge, par une usine de métallurgie en difficulté, rachetée par Goldman. Les centaines de milliers d’albums fabriqués, et ceux à venir (Rouge et Lorada Tour de Johnny Hallyday) permettent aux ouvriers de conserver leur emploi. Deux titres seront extraits de « Sur scène » : « Il suffira d’un signe » (version 92) et « Un, Deux, Trois ».

Parce qu’il y à des zones sombres, il y a des zones rouges

1993 sera une année d’écriture pour Goldman, pour lui et pour les autres sous différents pseudonymes. Après avoir précedemment écrit « viens » pour Michael Jones sous le nom de Sweet Memories en 1984, il signe 3 titres sur l’album « Faux Rêveur » de Marc Lavoine en tant que O. Menor (homme en or…). Sous le nom de Sam Brewski il signera « Tu t’en iras » pour Christopher Thomson et « Il me dit que je suis belle », tube tiré de l’album « Je te dis vous » de Patricia Kass. C’est toujours sous le pseudonyme de Sam Brewski que Jean-Jacques écriera 3 titres pour Florent Pagny dont les 2 succès « Est ce que tu me suis » et « Si tu veux m’essayer » extraits de l’album « Rester vrai ».

Cependant, l’évenement de cette année sera la sortie de l’album « Rouge ». Deuxième album écrit pour le trio « Fredericks – Goldman – Jones ». Jean-Jacques créé une nouvelle fois la surprise avec ce titre. Ce nouvel album marque d’une pierre blanche la carrière de Goldman comparable au parcours sans faute d’un champion de haut niveau. « Cette fois, l’album a un titre. Dans les autres, il s’agissait plutôt de chansons mises bout à bout. Mais cette relative cohérence n’a pas été décidée. Elle s’est imposée lentement… »

A la question « Pourquoi ce titre ? » il répondra : « En fait, je trouve que le rouge est la vraie couleur de l’espoir. C’est le sang qui coule dans nos veines, la vie qui va, le feu et la colère ; l’adolescence est rouge. On rougit lorsque l’on ressent quelque chose de fort ! Les non-dits entre deux être sont rouges aussi.

Les thèmes traités sont plus violents, douloureux mais moins désabusés qu’avec « Entre gris clair et gris foncé ». « Il ne faut pas mélanger la politique, les hommes et les idées qui sont belles et les gens qui restent beau [...] Des gens biens, on en rencontre tout le temps et les bons gagnent toujours à la fin [...] Les solutions sont collectives. »

Rouge ce n’est pas seulement une couleur politique, c’est beaucoup plus large que ça, bien qu’il n’y ait pas de malentendu sur ce point. En effet Jean-Jacques Goldman, avec son passé familial, a une tendresse pour ce que représente de rouge en politique. Donc « Rouge » ce n’est pas que ça, mais c’est aussi ça.

Le premier extrait, qui comme l’album s’appelle « Rouge »sort en décembre et a été enregistré à Moscou avec les chœurs de l’ex-armée Rouge.

En même temps que ce titre, sort le livre « Rouge », dans lequel se trouve le CD dans son boîtier métallique. Un magnifique ouvrage illustré comme le livret du CD par Lorenzo Mattotti. De plus, chaque chanson est dotée d’un commentaire de Jean-Jacques Goldman, et Sorj Chalandon y rajoute une touche personnelle par un texte inédit.

Ce disque sera le prétexte d’une grande tournée : 76 concerts dans 47 villes.

Chaque salle est particulière et donc avant chaque spectacle il faut retrouver ses marques, les sons et apprivoiser la salle grâce aux répétitions.

Cette tournée c’est d’abord un billet en forme d’étoile rouge, un programme de concert en forme de calendrier et une tournée rassemblant beaucoup de monde. En effet, Jean-Jacques est très entouré sur scène et il a l’air très à l’aise. Il ne s’agit pas du concert de Jean-Jacques Goldman, mais bien d’un groupe : Fredericks – Goldman –Jones accompagné par de nombreux musiciens.

Alors que les chansons composant cet album sont le reflet des trois dernières années, la tournée quant à elle bénéficie de l’expérience de tous les concerts des années précédentes. Le spectacle est plus abouti, la mise en scène des chansons est plus habile. D’ailleurs plusieurs personnes collaborent à la mise en scène du spectacle.

Beaucoup de surprises dans ces concerts. Tout d’abord, avant l’entrée sur scène des artistes, une palissade occupe toute la scène. Elle tombe en avant pour laisser entrer les chanteurs.

L’émotion est à son comble quand le public découvre sur les écrans géants le reportage sur une infirmière qui s’acharne à sauver la vie d’un nouveau né en Afrique. Quand Jean-Jacques décide, contre l’avis de son entourage, de projeter ce film en intégralité puisqu’il l’a inspiré pour « Juste après » il n’a aucun doute sur la réaction du public. Il pense que si les gens viennent le voir sur scène c’est qu’ils sont en phase avec ses émotions et comme il a été touché par ces images, naturellement, le public va l’être également. Pari risqué mais il a raison. En introduction de la chanson « Juste après » le silence est total pendant toute la durée du film, soit 2 minutes 45 d’émotion pure. Le public est bien en phase avec Jean-Jacques.

Pour finir, il nous réserve une surprise de taille. Pendant « Il suffira d’un signe » une partie de la scène est dans le noir et quand la lumière se fait, c’est avec stupeur que le public découvre les chœurs de l’ex-armée Rouge qui ont pris place en silence. Ils suivront Frédéricks – Goldman – Jones pendant toute la tournée et se sera un vrai succès à chaque fois, particulièrement pendant la chanson « Rouge ».

Enfin, a la fin du concert, les artistes disparaissent dans une grande étoile rouge descendu sur scène.

Cette immense tournée sera suivie de « La tournée des campagnes ».

Une fois encore Goldman surprend en amenant le spectacle dans des villes ou villages où il n’y a pas de concert habituellement.

Il arrive même qu’il y ait plus de personnes sur scène que dans la salle, mais le plaisir, lui, reste au moins aussi grand que dans de grandes salles combles.

En 1995 la tournée Rouge donnera lieu à la sortie d’un coffret de deux videos et d’un double album live « Du New Morning Au Zénith ». Un premier disque enregistré au New Morning. Il s’agit en fait d’un concert beaucoup plus acoustique, trois dates dans cette salle mythique au profit d’Amnesty International. Le deuxième est quand à lui enregistré au Zénith de Paris lors d’une date de la tournée Rouge.

Deux disques très différents qui reflètent la palette de ce que Jean-Jacques et sa famille musicale sont capables d’offrir. Un concert très intimiste pour le New Morning et du grand spectacle à renfort de décors et lumières et sons électriques pour le Zénith.

Il faut noter que beaucoup de discours, transitions des chansons, sont laissés sur l’album pour la plus grande joie des fans. Cet album devient rapidement disque de platine.

1995 est également l’année d’un nouvelle collaboration avec Johnny Hallyday. Jean-Jacques produit, réalise « Lorada » et écrit trois titre pour cet album.

D’eux

Le 5 février 1993 les Enfoirés réunissent encore plus d’artistes. Là encore un CD, « Les Enfoirés au grand Rex » immortalise cette grande fête. C’est à cette occasion que Jean-Jacques va rechanter « Là-bas » en duo avec une autre artiste pour la première fois depuis la mort de Sirima. Cette artiste c’est Céline Dion. Une  rencontre fructueuse entre le Français et la Quebecoise, puisqu’elle donnera naissance à deux albums.

C’est donc en 1995 que sort « D’eux » un album que Goldman a entièrement pensé pour Céline Dion.

Là encore, Jean-Jacques est là où on ne l’attendait pas. Alors que sa carrière de chanteur est phénoménale, il écrit et compose de plus en plus pour d’autres artistes. C’est pour lui une façon d’éviter les redites et en plus, il se fait plaisir.

C’est Jean-Jacques Goldman qui va chercher Céline Dion. Il connaît son travail depuis longtemps et est très sensible à la voix puissante de la chanteuse. Céline fait une carrière internationale mais n’est pas très célèbre en France.

Jean-Jacques téléphone à Céline, ils décident de se rencontrer autour d’un déjeuner avec René, le mari de Céline qui est aussi son agent. Céline connaît peu le travail de Goldman à cette époque mais dès qu’elle s’y intéresse, elle est séduite par ses textes et sa musique. Jean-Jacques leur propose de réaliser un album entier pour Céline. Bien qu’un peu réticent au départ, ils décident de laisser Goldman réaliser cet album dont il a une idée très précise quant à l’homogénéité et l’équilibre des titres.

Jean-Jacques connaît la voix de Céline mais pas le personnage. Pour lui écrire des chansons il se documente. Il lis tout ce qui est sorti au Canada et aux USA sur la chanteuse. Il est agréablement surpris de la personnalité de Céline et écrit en 6 – 8 mois la totalité des chansons.

Céline Dion quant à elle ressent vraiment les textes que Jean-Jacques lui a écrit. Elle est emballée et les chansons collent parfaitement à ses émotions.

Mais Jean-Jacques ne s’arrête pas là. Pour la première fois il s’implique dans la promotion de l’album et dans les interviews avec Céline. A cette occasion il rencontrent certains journaux pour la première fois. Il apprécie le travail que fournit Céline et leur collaboration va rapidement donner lieu à une grande amitié.

Cet album intitulé « D’eux » aura un succès fulgurant et va rendre Céline très populaire en France. Mais ce succès dépasse largement les frontières de l’hexagone puisque les ventes explosent dans le monde entier. Il sort outre-atlantique sous le nom de « French album ». Le premier extrait « Pour que tu m’aimes encore » restera 16 semaines en tête des ventes. Ce disque est celui de tous les succès, ce sera la plus grande vente de tous les temps en France (4 millions) et la meilleure vente d’un album francophone à l’étranger.

Pour les autres

Jean-Jacques rencontre Khaled au cours d’une émission télévisée  » Envoyé spécial  » consacrée à la paix en Israël. Khaled lui avoue avoir des difficultés avec les chansons en français. Goldman, qui trouve que Khaled est un très bon chanteur, relève le défi en essayant de marier la musique raï, le style particulier de Khaled et les mots en français. Plusieurs titres naîtront de cette collaboration dont le premier, et sans doute le plus connu, est Aïcha.

Jean-Jacques Goldman continue a mettre son talent aux services d’autres artistes. C’est le cas pour Patricia Kaas, Philippe Lavil, Robert Charlebois, Gildas Arzel, Florent Pagny ou Carole Fredericks qui entame une carrière solo.

En passant

1997 est l’année du retour de Goldman en solo. Cela faisait 10 ans qu’il ne s’était plus essayé a cet exercice et c’est une réussite une fois encore. 11 titres réalisés et arrangés par Erick Benzi et Jean-Jacques lui-même pour un album intitulé En passant.

Jean-Jacques dit lui-même à propos de cet album :  » J’entends dire que c’est un album assez triste et intimiste. Moi je dis que c’est l’album que je devais faire. Je n’ai pas le choix. Entre chaque album il se passe deux ou trois ans pendant lesquels je vis, je rencontre des gens. Et lorsque j’écris mes chansons, tout naturellement, celles-ci reprennent les thèmes qui m’ont le plus touché. Avec un peu de recul, je me dis que c’est un album que je n’aurais pas pu faire avant aujourd’hui, dans le sens où beaucoup de textes portent l’empreinte de l’âge, sujet qui m’intéresse actuellement… comme tous les hommes mettant le cap sur la cinquantaine ! (rires) « .

A l’approche de la cinquantaine Jean-Jacques semble plus détaché. Le temps lui va bien, il devient plus profond dans ses chansons avec plus de vrais instruments et un son plus acoustique. Pour la première fois on a l’impression que Goldman se livre dans ses chansons, particulièrement avec Quand tu danses qui raconte l’histoire d’une séparation. De là à faire le parallèle avec son récent divorce il n’y a qu’un pas.

Les routes son belles

En passant 98, c’est le nom de la tournée qui suit la sortie de l’album. Après la gigantesque tournée « Rouge » Jean-Jacques pense déjà à la prochaine. Pour lui il ne faut pas faire mieux mais différent. D’où l’idée d’une tournée plus intime, acoustique avec une équipe plus réduite.

Une mise en scène faussement dépouillée, une scène qui avance vers le public afin d’augmenter ce sentiment de proximité, des écrans géants derrière la scène sur lesquels seront projetées des images.

Afin de garder l’esprit du spectacle Jean-Jacques arrive seul sur scène pour la première chanson On ira et c’est également seul qu’il termine le concert. La tournée est rodée à La Réunion. Malgré ses doutes lors de la première à Rennes, Goldman se rend compte que le public est au rendez-vous et qu’il participe tout autant qu’avant.

Après la grosse machine qu’était Rouge, cette tournée est plus simple mais c’est surtout une réelle prise de risque pour Jean-Jacques qui se trouve seul sur scène avec sa guitare ou son violon à plusieurs reprises. C’est le cas avec Natacha où il finit seul au violon, exercice difficile pour lui et qui lui demande beaucoup de concentration. Mais le plaisir est à la hauteur du risque. La scène n’est plus une contrainte ou une obligation comme au début de sa carrière.

Lors de Ne lui dit pas Goldman est rejoint par ses musiciens qui apparaissent comme par magie grâce à une scène qui monte du sous-sol. Ces musiciens forment une équipe. Copains et complices ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, indispensable pour le difficile Le coureur. Jean-Jacques nous régale aussi avec une version inédite de Pas toi dans laquelle il nous offre différentes versions du même titre (réggaie, rock, rap, groove…) mais nous prive de la chanson En passant pour laquelle il ne trouve pas de place adéquate dans le spectacle malgré plusieurs essais. Cette chanson disparaîtra donc après quelques dates.

Une reprise d’une chanson du premier album avec Le rapt. Pendant pratiquement toute la première partie du concert, Goldman et ses musiciens sont assis mais après Ne lui dit pas la sauce monte et le concert devient plus électrique. Pour Là-bas, c’est carrément le public qui chante à la place de Sirima. C’est le souhait de Jean-Jacques depuis le début et afin que les spectateurs ne soient pas timides, il les incite tout simplement en projetant les paroles sur les écrans. L’alchimie prend et l’accord est parfait. L’ambiance est évidemment à son comble avec A nos actes manqués et Je te donne est renforcée par les images de Jean-Jacques et de Michael a tous les âges de la vie notamment leur jeunesse où ils avaient encore plein de cheveux…

Jean-Jacques avoue lui-même que pour la première fois cette tournée va lui manquer quand elle se terminera car elle était particulière. C’est aussi l’impression de beaucoup de fans qui ont assisté aux nombreuses dates pendant ces deux ans. La fin de cette tournée se fera sous le soleil à La Réunion, Madagascar, Guyane, Martinique et Guadeloupe.

C’est en 1999 que sort le double album live de la tournée En passant 98 dans lequel on peut regretter l’absence des discussions que Jean-Jacques place entre les chansons pendant les concerts. Sort également la vidéo qui mélange habilement les images des concerts, la vie au cœur de la tournée des interviews et des répétitions à l’image du clip Pas toi. A noter que dans le deuxième CD En passant 98, Goldman a glissé un clip vidéo hommage a Dédé Mallet décédé au début de la tournée. Il était en charge de la sécurité et complice de Jean-Jacques depuis toujours.

Grand coeur

Durant l’été Jean-Jacques participe au Grand Bal des Solidays au profit de la lutte contre le Sida. Il est aussi a Ouveillan pour les vendanges du cœur. Il s’agit d’un concert au profit des restos du cœur. Il est le parrain des vendanges et invite Pascal Obispo, Patrick Bruel et Jean-Marie Bigard à cette grande fête qui rassemble plus de 4000 personnes dans la cour de la cave coopérative. Ambiance de fête assurée. Deux jours après c’est à la Grand Combe près d’Ales qu’il se produit afin de soutenir La Bécède.

L’écriture

Cette fin d’année Goldman surprend tout le monde en co-signant un livre Les pères ont des enfants. Aux côtés d’Alain Etchegoyen, Jean-Jacques parle de lui, de sa vie et surtout de ses enfants et de leur éducation. Ces deux pères débattent de tous les sujets mais c’est essentiellement un dialogue entre deux pères sur l’éducation. Encore une fois Goldman est là où on ne l’attend pas.

Toujours prêt !

Eclaireur de France pendant son enfance, la musique éloigne a regret Jean-Jaques du scoutisme. C’est donc avec joie qu’il accepte de parrainer l’opération Champion pour la paix et qu’il vient lui-même remettre en juin 2000 les prix qui récompensent les louvetaux vainqueurs de cette opération.

Sans autre ambition que d’être un chanteur populaire et de faire danser les gens, Jean-Jacques Goldman s’est entouré d’une véritable « famille ». Toujours discret en ce qui concerne sa vie privée il est partout dans la chanson française. Valeur sure et incontournable il fait partie intégrante du patrimoine national.

C’est en octobre 2001, alors qu’il fête ses 50 ans que Jean-Jacques épouse la jeune Nathalie sous le soleil marseillais. En novembre sort l’album « Chansons pour les pieds ». Sous ce titre suprenant se cache une volonté de Jean-Jacques Goldman de rendre hommage aux musiciens de bals, ceux qui font danser les gens…. et leurs pieds ! Ce disque regroupe 12 titres et autant de styles différents.

Chansons pour les pieds

Cet album, illustré par le talentueux dessinateur Zep, est aussi surprenant que son titre nous le laisse entendre, il marque le retour d’un Jean-Jacques plus joyeux ou s’enchainent des titres comme « Tournent les violons », « Et l’on y peut rien » ou encore le très curieux « Les P’tits chapeaux », Jean-Jacques démontre que la nostalgie n’est pas forcément triste avec le très Rock « The Quo’s in Town Tonight ».

Bien sur, fidèle à lui même, il nous gratifie d’une superbe ballade qui marque une maturité certaine avec le très tendre « Je voudrais vous revoir ». Jean-Jacques, signe également le tire « Les choses » sorte de pamphlet à la société de consommation. Néanmoins le titre le plus inattendu de cet album est très certainement la chanson « Ensemble », titre chanté en canon avec la complicité, pour l’album studio, de Maxime le Forestier et Gerald de Palmas sans oublier l’éternel complice Michael Jones. Comment ne pas noter également, la présence d’un morceau caché en fin d’album « La vie c’est mieux… ». Il est bon de noter que pour cet album, a été édité, en version très limité, un DVD intitulé « Chronique d’un album » qui retrace la genèse de Chansons Pour les Pieds.

Chronique d’un album

Attention ! Chef-d’œuvre absolu. Ce DVD sortie en 2001 retrace la naissance de 6 chansons issues de l’album « Chanson pour les Pieds » à commencer par « Ensemble ». Sur ce titre Jean-Jacques nous emmène dans sa quête de la perfection. Perfection d’autant plus inaccessible qu’il s’agit de 1000 Choristes, les fameux Fous Chantants d’Ales et de Jean Jacques sur scène, il est très difficile de décrire ce que l’on ressent quand 1000 Chanteurs ne font qu’une seule note commune. En parallèle nous découvrons les phases d’enregistrement studio avec De Palmas, Michael Jones et Le Forestier.

De son coté Jacky Locks, chef des cœurs des Fous Chantants, dirige d’une main de fer dans un gant de velours, les 1000 choristes. Quand l’ensemble se réunit le résultat est impressionnant de justesse. Vient ensuite, « Les P’tits Chapeaux », réunion au sommet dans une maison, Christophe Nègre est en charge de la Fanfare, quelques jours après le morceau est enfin tel que vous le connaissez.

Nous faisons ensuite la connaissance de Bruno Le Rouzic, dirigeant un Bagad pour la chanson « Je Voudrais vous Revoir », arrive ensuite une très grosse pointure de l’industrie du disque Yvan Kassar, le Chef d’Orchestre et directeur des Cordes de Tournent les Violons. Jean-Jacques et Michael reviennent sur leurs Jeunesse avec The Quo’s in Town Tonight et Michael « se lache » avec sa guitare.

Puis, « Les Choses » viennent compléter se tableau avec un Jean-Jacques hirsute dans une toute petite pièce loin des studios d’enregistrement modernes, les maîtres mots sont : chaleur humaine, musique, et copains, Michael Jones, Gildas Arzel, Erick Benzi sont de la partie. Le générique de fin fait son apparition, mais avec Jean-Jacques il faut être patient, allez au bout du générique et vous trouverez une merveille : le Making Of de « La Vie c’est Mieux… »

Tournée 2002

Cette tournée est sans doute l’une des plus belles en raison de sa diversité et surtout de sa mise en scène impressionnante , tant au niveau lumière et effets scéniques, qu’à la quantité des participants. Le concert démarre par un « Je Marche Seul » guitare / voix, Jean Jacques est seul sur scène devant des milliers de spectateurs, ensuite il s’assoit, toujours seul, et décide de faire répéter toute la salle sur « Encore un Matin », « Une Poussière », « Ensemble », « C’est Pas vrai », « Nos Mains », moment magique et plein d’humour.

S’enchaîne ensuite « Nos Mains », Jean–Jacques, toujours seul, entonne la première partie de cette chanson presque en acoustique, quand, vers le deuxième refrain, les lumières jaillissent et surgissent les musiciens et la chanson reprend son tempo habituel. Viennent ensuite quelques classiques, « Petite Fille », « Encore un Matin », puis les chansons récentes, « Une Poussière », « Je Voudrais vous revoir », et des chansons plus anciennes, « Juste Après », « En Passant », « Veiller Tard ». Un des temps fort de ce concert arrive enfin avec la chanson « Et l’on n’y peut rien », ou la Troupe Folklorique de Lublin enflamme la salle sur une chorégraphie réglée au Millimètre au Rythme des percussions et des violons.

A ce propos, les violons ne tardent pas à se déchaîner sur « Tournent les violons », « Ensemble » et son canon est à suivre ainsi que « On Ira ». Avant de chanter « Les Choses » Jean-Jacques nous offre un pur moment de rigolade ou il nous fait une liste non exhaustive des objets ou des choses dont nous sommes prisonniers. Moment plus solennel avec « Né en 17 à Leindenstadt » , vite rattrapé par la gaîté de « C’est Pas Vrai ».

« Il suffira d’un Signe » ne prend pas une ride ce morceau est toujours très efficace sur scène. La présentation des musiciens se fait dans un joyeux medley interprété par chacun d’entre eux, a noter Claude Le Peron et sa « Digue du Cul ». On ne pouvait pas ne pas penser à Carole et quelle chanson mieux que « Nuit » nous rappelle son immense talent. L’apothéose est atteinte sur « Envole-moi » ou la scène se lève littéralement du sol en mouvement de bascule et les musiciens se retrouvent à 9 mètres du sol la tête en bas le tout dans un fracas de guitares et de percussions, inondées de lumières puissantes. Jean-Jacques finit comme il a commencé, seul, avec « Puisque tu Pars ».

Jean-Jacques, le Généreux

L’année 2003 se poursuit avec de nombreuses participations associatives comme « Envie d’Agir » sous l’égide du Ministère de la Jeunesse. Jean-Jacques est un des parrains et envoi ce petit texte :
« Le discours mercantile est partout, moderne, bruyant, inventif, tentant. Face à lui, qui n’a besoin que de consommateurs serviles : la famille (quand il en reste), l’école (quand elle le peut) et cette fragile mais permanente étincelle d’idéalisme propre à la jeunesse. »

Ce projet de faciliter l’engagement associatif s’inscrit dans ce combat : permettre à cette étincelle de se nourrir, de grandir jusqu’à éclairer sa vie.  »

Autre soutien pour l’association de Laurette Fugain (Pour l’importance du don de sang) et là encore Jean-Jacques se fend d’un petit mot :
« J’ai appris il y a une dizaine d’années l’importance du don de moelle osseuse. Je suis immédiatement devenu donneur. Aujourd’hui, trop vieux, j’éspère que les jeunes seront, à leur tout, sensibles à ce geste indolore, facile et…vital »

A suivre …